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Tema 2

Tema 2

 

Robert Bonnaud

Université Paris 7 - Denis-Diderot, Francia

 

 

L’histoire au Xxe siècle. Et après ?

 

Résumé

 

 

C’est un bilan schématique, essentiellement français. Trois facteurs de changement, ou groupes de facteurs, sont envisagés. Ils éclairent l’évolution de l’histoire au Xxe siècle.

Les fluctuations de la créativité. Deux périodes fastes : les années 1890-1918 ; les années 1950-1974 (moins de génie, mais plus de diffusion). Une période médiocre : 1918-1950 (l’après-guerre, toutefois, et les premières années 1940, sont relativement fécondes). Une période de grand déclin et de marasme : les années qui commencent vers 1974-1978.

Les fluctuations de l’intérêt pour le temps. Une période est privilégiée : 1968-1998 (les révolutions horlogères, la mise en mémoire, les triomphes de l’histoire...). Les défaillances informatiques et le déclin de la production d’histoire signalent sans doute un nouveau tournant.

Les tendances idéologiques dominantes. Deux dates surclassent les autres : 1917, 1968. A bien des égards 1968 réagit contre 1917 : critique de la science et du matérialisme, « génération éthique », critique de la théorie, promotion du concret, donc de l’histoire, recul de l’histoire économique et sociale, de la problématique des forces productives et des classes, promotion des sexes et des classes d’âge, des régions, tendances libérales-libertaires, tendances occidentalistes, promotion de l’histoire politique, de l’histoire culturelle, de l’histoire des concepts, de l’histoire du corps surtout...

D’où les grandes périodes que l’on peut distinguer : la « Belle Epoque » (l’espoir d’une histoire nouvelle, d’une histoire-science), l’entre-deux-guerres (les premières réalisations, une certaine banalisation), la période qui va des années 1940 ou 1950 à 1968 (l’apogée de la nouvelle histoire, grandes œuvres, conquêtes), les trente dernières années (triomphes quantitatifs de l’histoire, thèmes nouveaux, parfois très nouveaux, « révisions » régressives et piétinements depuis 1978 environ). Sans doute cette dernière date permettrait-elle de diviser en deux la période 1968-1998.

S’agit-il, au total, d’un aller-retour ? Montée de l’histoire-science, déclin de l’histoire-science, et prémisses d’un nouvel aller... Il faut imaginer un schéma plus complexe. Il y a un acquis des années soixante-huitardes (l’histoire du corps, l’histoire des relations entre les sexes, l’histoire des élites et des pouvoirs, les études de cas...). L’inquiétude épistémologique des années 1990 permet de poser des problèmes importants. La critique du marxisme et des Annales ne peut déboucher sur une restauration pure et simple. Et il y a les sciences sociales et humaines, dont le rapprochement avec l’histoire, perpétuellement inachevé ou raté, exige des théories nouvelles, vraiment communes, des concepts nouveaux...