Historia Inmediata


Memoria

 
Notre collègue Olivier Pétré-Grenouilleau, récompensé par plusieurs prix pour son livre sur la traite des esclaves noirs, a été attaqué en justice par plusieurs associations et devait être jugé ce mois-ci au nom de la loi Taubira-Ayrault de mai 2001, qui définit l'esclavage et la traite des noirs commis par des Européens depuis le XVème siècle comme crime contre l'humanité. Mais les plaignants viennent de renoncer à leur plainte à cause de la mobilisation des historiens qui se sont rassemblés pour le défendre en une association présidée par René Rémond. Cette affaire était effrayante, parce que la liberté de l'histoire était directement menacée d'abolition au nom du "devoir de mémoire" imposé par un nombre croissant de lois depuis quinze ans (loi Gayssot de 1990, lois sur le génocide des Arméniens et sur l'esclavage et la traite des Noirs en 2001, loi sur les rapatriés et les harkis en 2005...). Mais un groupe d'historiens a bien vu et dénoncé le péril (même si d'autres n'ont malheureusement pas voulu voir le danger de l'ensemble de ces lois), et il a bien réagi en prenant la défense d'Olivier Pétré-Grenouilleau et en décidant de former une association pour défendre tous les historiens injustement accusés comme lui dans l'avenir. Je vous joins le dernier communiqué de l'Association pour votre information. Bonne lecture, et à bientôt. Bien cordialement,

Guy Pervillé
Group de Recherche en Histoire Immediate
Toulouse

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Chers collègues, chers amis,

Le collectif DOM a annoncé hier qu’il se retirait sa plainte contre Olivier Pétré-Grenouilleau, expliquant notamment : « depuis décembre 2005 l’hostilité des médias nationaux (…) et de l’intelligentsia (pétitions de 19 historiens les plus célèbres et de 550 historiens) ne permettait plus de se faire entendre ».

Cette décision est un premier succès collectif pour les 600 signataires de l’appel « Liberté pour l’histoire ». Les menaces que font courir à l’enseignement et à la recherche certains articles des lois mémorielles restent entières. Le présent communiqué, diffusé le 4 février à l’AFP et aux journaux, rappelle notre détermination à ne pas laisser se développer une « nouvelle affaire » Pétré-Grenouilleau. Notre vigilance concerne aussi bien les chercheurs et enseignants du supérieur ou du secondaire. C’est pourquoi les initiateurs de l’appel ont proposé de constituer une association et demandé à René Rémond d’en prendre la présidence.

Dès que possible, nous reviendrons vers vous en sollicitant votre participation à une association qui affirmera la liberté de l’enseignement de l’histoire et de la recherche scientifique contre les pressions idéologiques et politiques de toute nature.Nous vous informons, par ailleurs, que 150 historiens belges viennent de signer un appel très proche du nôtre, intitulé « Pléthore de mémoire : quand l’Etat se mêle d’histoire… », soulignant ainsi que les questions posées par les historiens dépassent bien le cadre national.A noter aussi que l’Associations des professeurs d’histoire et de géographie nous a assuré de son total soutien. Du reste, le prochain numéro d’Historiens et Géographes publiera la liste complète des signataires de la pétition LPH et un appel invitant ses lecteurs à rejoindre l’association.

Merci encore pour votre soutien.

Liberté pour l’histoire

Communiqué de presse de l’association Liberté pour l’histoire 4 février 2006

"Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais vient d’annoncer qu’il retirait sa plainte « pour révisionnisme » déposée contre Olivier Pétré-Grenouilleau, historien et universitaire, auteur des « Traites négrières ». Cette plainte, qui prenait appui sur la loi du 19 mai 2001, aurait, de façon tout à fait inadmissible, transformé un historien reconnu par ses pairs, sur le plan national comme international, pour l’excellence de son travail scientifique, en otage « politico-mémoriel ». Les 600 signataires de l’appel « Liberté pour l’histoire » prennent note avec satisfaction de cette sage décision, déplorant les préjudices de toute nature subis durant sept mois par Olivier Pétré-Grenouilleau.

Reste que les lois mémorielles comportent toujours des articles qui continuent à représenter une menace pour le libre exercice de la recherche et de l’enseignement de l’histoire à tous les niveaux et la libre expression scientifique de l’histoire. C’est pourquoi les signataires de l’appel n’entendent pas relâcher leur vigilance. L’acquis constitué par le retrait de la plainte en question les incite, au contraire, à poursuivre leur action et à l’inscrire dans la durée. C’est le sens donné à l’association « Liberté pour l’histoire » qu’il viennent de créer et qui est présidée par le professeur René Rémond. Cette association s’appliquera à défendre les chercheurs et enseignants d’histoire qui sont ou seraient poursuivis au titre des lois mémorielles ; lois qui, en tout état de cause, devraient être révisées. A ce propos, elle tient à dire fermement qu’elle prendra garde à éviter les pièges tendus par ceux qui, travestissant l’histoire, nient la réalité de la Shoah».

Texte authentifié par Jean-Pierre Azéma (azemajp@noos.fr) et Christian Delporte (delporte.amc@wanadoo.fr)
Liberté pour l'histoire

MÁS INFORMACIÓN EN:
http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/2006/01/la_libert_pour_.html
http://www.imprescriptible.fr/dossiers/petitions/lois/
http://www.rfi.fr/actufr/articles/072/article_40465.asp
http://www.histoiredesmedias.com/petitionlibertehistoire.htm#signataire
http://www.aidh.org/hist-mem/petitions02.htm
http://daniel.calin.free.fr/wordpress/?p=63
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_fran%C3%A7aise_du_23_f%C3%A9vrier_2005
http://crdp.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_histoire/05historiens1.htm
http://www.comlive.net/sujet-72153-38.html
 

 

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